Bougeotte n°8 - Portraits
Portrait d’asso
1 2 3 Les Timides : Les Cartes du Corps
Ceux qui bougent
Geneviève Ribes : Aider les autres
Selavie : échange de services
1 2 3 Les Timides : Les Cartes du Corps
Cette association est née en 1994 à Montreuil avec deux artistes plasticiens : AnZu (prononcer « Annzou »), sculpteur d’objets et de luminaires, travaille le verre, la forge, le métal et l’aluminium ; Sylvie Groschatau, art thérapeute, travaille avec différents publics sur des sujets de prédilection comme la xénophobie et l’identité. Installés un
temps au Mexique puis en Afrique du Sud où ils ont réalisés oeuvres et expositions, ils habitent à Graulhet depuis 2 ans, enseignent et partagent savoir-faire et trouvailles.
Du Zimbabwe, Sylvie a ramené de magnifiques « Cartes du Corps » réalisées avec des femmes africaines, issues d’un processus thérapeutique San ou Bushmen qui donne à l’image un pouvoir guérisseur. Forte du succès de leur exposition dans le cadre de « Femmes de Mars 2009 », elle propose à Graulhet depuis juillet dernier des ateliers
d’expression artistique aux femmes. « On demande aux femmes par l’image de se raconter, de remonter le temps, de replacer, retracer des évènements, leur donner sens.
Explorer par le dessin, textes, collages : choisir des couleurs, raconter à l’intérieur des lignes de sa carte du corps. »
Comme un journal, un portrait écrit, qui raconte et décrypte un message, ces Cartes du Corps de femmes graulhétoises seront exposées dans le cadre de « Femmes de Mars 2010 » du 1er au 31 mars à la Médiathèque.
Sylvie réalise actuellement un projet similaire en Afrique où des femmes réfugiées du Centre Scalabrini au Cap de Bonne-Espérance créent leur Cartes du Corps durant les
mois de février à mars 2010. Un film sera réalisé au cours de ces ateliers ainsi qu’une Carte du Corps en commun qui feront partie de l’exposition à la Médiathèque de
Graulhet.
1 2 3 Les Timides
Sylvie Grochatau
21 rue Jules-Ferry - 81300 Graulhet
06 82 65 65 44
Geneviève Ribes : Aider les autres
C’est lors des grèves, en 1968, que Geneviève Ribes découvre l’engagement actif : avec Mme Auener, elle organise des voyages en bus pour amener les enfants des grévistes à la Courbe, leur permettre de jouer et de goûter. Pourtant, son parcours la prédisposait à d’autres voies. Née dans l’Yonne en 1930, déménageant dans l’enfance plusieurs fois pour suivre un père dessinateur/projeteur à la carrière ascensionnelle, elle brille à l’Ecole Technique Lyonnaise où elle décroche les 2 diplômes de chimiste et de dessinateur industriel. Préférant la chimie, elle entre au laboratoire de contrôle et recherche des Tanneries Lyonnaises (800 ouvriers) pour 3 ans, regagne Paris avec sa famille et s’ennuie dans un laboratoire pharmaceutique en attendant que son futur mari (Claude Ribes) termine son service militaire en Allemagne. Il est Graulhétois, elle le suit dans l’usine familiale pour la direction de laquelle il a suivi des études de chimie/tannerie. Là, ils ont 2 enfants, que Geneviève élève jusqu’à « ce qu’ils soient en âge de se débrouiller ».
Viennent ensuite les années d’engagement pour les autres : après l’expérience de La Courbe, elle devient pendant 8 ans la présidente de la Fédération Cornec des parents d’élèves, initiant des ramassages scolaires et la construction de petits bateaux à voile pour voguer sur le lac de Miquelou. Parallèlement, elle monte avec son ami Mme Auener une librairie-papèterie-cadeaux artisanaux place du Jourdain qu’elles tiennent pendant 10 ans.
En 1978, suite au constat du manque de structure pour les personnes handicapées, elle crée le Club des Joyeux Pinsons, où, depuis 32 ans, elle assure l’accueil et l’animation 2 après-midi par semaine (plus quelques voyages).
En 1981, cooptée par Mme Satgé pour la présidence de la Croix-Rouge, elle assurera jusqu’en 2002 (21 ans) la distribution alimentaire, les colis de Noël aux personnes âgées, les actions ponctuelles comme pour le Kosovo, les collectes pour la Banque Alimentaire…
Depuis toujours, elle peint à la peinture à l’huile, copiant des tableaux de maîtres. Repérée au Centre des Beaux-Arts de Castres lors d’une exposition, elle s’y forme à l’acrylique, à l’aquarelle et décide de ne plus jamais copier une oeuvre de sa vie ! Se lance à donner des cours à L’atelier d’Art 81 (Castres) pendant 8 ans puis à L’Eveil Artistique (Graulhet) où elle enseigne toutes les techniques depuis 20 ans.
Grand-mère de 3 petits-enfants, elle déclare modestement, de sa voix douce et ferme : « Par mes origines, je suis consciente des différences sociales. J’aime aider les autres. »
Selavie : échange de services
Sous l’impulsion de Roland Fourcard existe depuis 3 ans à Graulhet le Selavie. Basée sur le modèle des SEL (Système d’Echange Local), qui permet aux particuliers de troquer objets et services, cette association « de fait » rassemble 120 inscrits (de 25 à 75 ans, de toutes catégories sociales) répartis sur les territoires de Graulhet, Lavaur
et Gaillac.
Sur ce principe de libre échange, vous pouvez donc offrir vos compétences en jardinage et demander des cours de soutien en maths pour vos enfants (par exemple) ou bien offrir des meubles de cuisine et demander un peu de ménage (autre exemple)… Sur la feuille d’échange, les « perles » remplacent
l’argent et viennent en crédit ou en débit selon les transactions. La valeur des objets est estimée, peu ou prou, d’après son équivalent en francs.
Roland Fourcard explique : « L’idée que défend le Selavie, c’est de se réapproprier l’économie. Qu’elle soit au service de l’homme et non l’homme à son service. La richesse de chacun crée la richesse de tous. Les personnes s’entraident, les objets sont recyclés. La convivialité règne au cours des Bourses d’Echange que nous organisons tous les 2 mois, qui sont aussi un moyen pour les nouveaux arrivants de rencontrer les autres. Nous partageons de bons repas où chacun amène un plat, nous discutons… »
Heureux de contribuer au lien social, il ne souhaite pourtant pas formaliser l’association, estimant que l’association « de fait » est le meilleur système pour un maximum de liberté, depuis 20 ans qu’il fréquente les SEL. « Mais si des personnes veulent monter un bureau, la porte est ouverte », ajoute-t-il en ouvrant les bras.
En tant que coordonnateur, il transmet les informations, des demandes et les offres entre les adhérents. Cela lui permet également de rassembler les informations sur les marchés locaux, les manifestations militantes ou culturelles et de les communiquer à ceux qui le souhaitent.
Selavie - Roland Fourcard 06 18 42 71 83
Annuaire des SEL
