Ce qui nous lie… un recueil, pas un écueil.
Ce qui nous lie, à Volubilo, c’est un entêtement considérable pour les causes improbables.

Plus que 224 souscriptions et ce livre fera une sacrée impression !
C’est presque rigolo.
La subvention qui devait permettre de financer une grosse partie de l’impression du livre d’Art postal “Ce qui nous lie…” sera peut-être attribuée… en juin 2006 !
Comme on a un sacré sens de l’humour, à Volubilo, on s’est dit : c’est pas grave, on le fait quand même ! Sauf que le sens des réalités ne nous avait pas encore effleurés de son aile délicate, avant que nous fassions nos comptes. Voyons… H1000 euros d’impression divisés par 18 euros de souscription, moins des 2000 € attendus et non attribués, plus les 300 € que des Volubiles engagent dans le projet, ça fait…
un bon coup de poing dans la gueule.
Merci, Sens des réalités, tu frappes fort mais tu ne sais pas à qui tu as affaire ! Tu crois que des Volubiles vont baisser les bras ? Tu crois que Mika a déjà monté 42 pages du livre, détouré 230 mailarts, passé h100 heures sur sa bécane pour tout arrêter maintenant ? Tu crois que Fréda rumine ses textes et les prédigère deux fois (comme les vaches qui font du bon lait), se farcit les anthologies de la poésie et de la littérature pour les citations pertinentes, pour des clopinettes ? Tu crois que toute cette belle énergie, ces maquettes, ces discussions, ces photocopies, ces recherches, ces expos vont passer rapido dans les tiroirs des souvenirs ?
Eh ben, si tu crois ça, Sens des réalités, tu te gourres complètement !!!
D’abord parce qu’on a le sens du défi, à Volubilo. Comment ? Les institutions consultées sont trop molles pour promouvoir, apprécier et défendre l’Art postal et l’esprit de partage que suppose une association ? Elles se réjouissent des expos proposées gratuitement, les utilisent éventuellement pour montrer le dynamisme des associations et se carapatent ensuite derrière des arguments officiellement institutionnels et institutionnement officiels, repoussant les échéances d’un engagement aux calendes grecques ?

Tant pis ! Ces institutions ont leurs raisons qui ne sont pas les nôtres. Nous savons que défendre l’Art, sous quelque forme que ce soit, est toujours difficile. C’est un chemin qui peut sembler vain à ceux qui proclament que “l’argent est le nerf de la guerre”, que “le temps, c’est de l’argent”. A cette conception violente et assez antique, pour tout dire, de l’existence, nous opposons l’idée que “l’art est la moëlle épinière de la paix” et que “le temps, c’est de l’oeuvre en barre”.
Et ne crois pas, Sens des réalités, que ce sont de creuses formules intello-artistes : depuis un an et demi, à Volubilo, on travaille bénévolement sur des projets dont pas mal pensaient qu’ils étaient irréalisables (Site, Expos, Printemps des Poètes par exemple). Et pourtant, on les a menés à bien, avec celles et ceux qui y croient comme nous. Et franchement, on s’est bien marré, même si on était fatigués.
Le problème pour nous, par rapport au livre, c’est que
1. on s’est engagés vis à vis des personnes qui ont déjà souscrit
2. cela représente l’aboutissement d’un an de travail
3. nous sommes persuadés qu’un beau bouquin d’Art postal est un peu (tout petit peu) novateur. (Du coup, on est content de poser notre petite pierre sur le vaste édifice de la Création, on fait quelque chose pour notre époque, on se sent pas trop nuls, en plus l’art postal, c’est sain pour l’environnement parce qu’on recycle un tas de trucs, ça fait marcher la poste, etc., etc., tu saisis, sens des réalités ?)

Alors on ne va pas lâcher l’Art pour le cochon !
C’est solennellement que nous lançons un appel à la mobilisation générale de tous les amoureux de la liberté d’expression, de la culture, de l’art, des liens et des bobines de fil.
Amis mailartistes ! Camarades profilaires ! Naïfs et contemplateurs d’oeuvres plastiques ! Couturières et couturiers du tissu social !
Ne laissons pas l’Art postal devenir le fripier de la création artistique !
A VOS SOUSCRIPTIOOOOOOOOOONS !
