CréaLab 3.0

CréaLab 3.0 : deux artistes en résidence au FabLab'

Pour la 3e année consécutive, le FabLab de Graulhet (installé à la MJC) accueille 2 artistes en résidence de recherche, sélectionnées par un comité d’experts à partir d’un appel à projet.

Cécile Pitois et Romain Bobichon, tous deux tarnais, ont été sélectionnés pour le rapport qu’ils souhaitent développer avec les machines et le public du FabLab.

Cécile Pitois

Romain Bobichon

Etude- Cécile Pitois
Folios sur folios, 2021 Huile sur toile 195x130cm

Née en 1968, titulaire du diplôme national supérieur d’Expression Plastique (D.N.S.E.P, École Supérieure Beaux-Arts du Mans, 1992), Cécile Pitois est sculptrice.
Depuis une vingtaine d’année, elle est engagée dans un travail sur la question de l’art dans l’espace public. Elle aspire actuellement à reprendre ses recherches en sculpture sur l’impermanence et la présence de la lumière, le temps et l’espace.

Il lui tient à cœur de développer et finaliser son projet initié en 2019, Where is the North Pole Gone ?, est un projet de recherche autour de la pensée de Krishnamurti, philosophe d’origine indienne. Krishnamurti a développé une thèse reposant principalement sur l’idée qu’une transformation de l’humain ne peut se faire qu’en se libérant de toute autorité.

« Je suis un iceberg qui flotte sur l’océan de la vie. J’ai une partie émergée et une autre immergée. Plus ma partie immergée est importante, plus ma facilité à me déplacer sur l’océan est lourde, difficile, longue, voyez vous l’image ? Les conflits remplissent cette partie “sous l’eau”, celle qui pèse, qui nous empêche d’être libre de mouvement pour aller flotter à droite ou à gauche au gré des courants sur l’océan qu’est la vie. Imaginez cet iceberg avec une partie sous l’eau beaucoup moins volumineuse, ne voyez vous pas comme il lui est alors plus facile de naviguer ? Le conflit peut être interprété comme l’interaction entre deux pôles opposés créant une force produisant un effet éventuellement visuel ou du moins qui peut être détecté par nos sens… ». Krishnamurti, Se libérer du connu.

Cette métaphore de l’iceberg inspire la recherche de Cécile Pitois avec une série de sculptures et une série de collages et de sérigraphies, autour des formes infinies des icebergs et de la nature. Elle a la possibilité de collaborer avec Ian Willis, chercheur au Scoot Polar Institute à Cambridge, où une équipe travaille sur la modélisation en 3D des icebergs.

A partir de formes existantes réalisées en dessin, en collage et en sérigraphie, elle étudiera en résidence :
– la possibilité de transposer ces formes en utilisant la fraiseuse numérique, la découpe laser et la brodeuse numérique pour des expérimentations sur d’autres supports possibles.
– la réalisation tout à la fois des essais de petites tailles mais aussi en grand format.
– L’utilisation du scanner 3D et de l’imprimante 3D pour les expérimenter tout au long de l’année.

Formé à l’Université du Québec à Montréal, puis à l’Universitad de Arta si Design (atelier de peinture) de Cluj (Roumanie), Romain Bobichon vient en France en 2013 et enchaîne exposions collectives et individuelles de peinture.

Il souhaite examiner sa pratique de la peinture transposée dans le Fablab, sous deux formes :
– Quelle est la place de la trace en peinture ?
– Comment créer un espace pictural en 3D ?

Le contexte de la résidence lui permettra de tester des nouvelles manières de travailler et de questionner sa pratique à travers la relation de la peinture et du numérique. En tant que peintre, comment travailler dans un Fablab ?

La place du geste est centrale dans son travail : l’application des couleurs, la fabrication de supports, la construction d’un espace. Il travaillera plus précisément à partir de plusieurs gestes qui circuleront d’un support à un autre.

Il créera un ensemble de nouveaux dessins et de textes pour les imprimer sous plusieurs formes (stickers, vêtements, objets du quotidien, découpes laser).

Comment les gestes de peinture se transforment dans un Fablab ? Le passage de la peinture d’atelier au numérique l’intéresse particulièrement dans un rapport ludique lié aux processus de fabrication. Les ressources fournies par les machines impliquent la notion d’erreur, nécessaire à toute création artistique.

Une partie de son travail consiste à faire des installations de peinture que l’on peut traverser, vivre, toucher. La sensorialité et la perception sont deux approches intrinsèques à sa pratique de la peinture. Quelle place pour l’imaginaire ? Et quelles différences entre un espace réel et un espace inventé ?

Grâce aux possibilités qu’apportent la réalité virtuelle, il travaillera sur un espace imaginaire qui se déroulera à l’intérieur d’une peinture.

MEDIATION

les vendredis 1er et 8 juillet 2022
Si vous êtes intéressé.e.s pour venir individuellement ou en groupe, contactez Volubilo

Cécile Pitois aime partager ses recherches et ce projet en cours, ce qui lui permettra de présenter des œuvres déjà réalisées, ses projets et ses questionnements sur des suites possibles.

Elle proposera des lectures de textes de Krishnamurti qui questionne la notion de liberté en nous, chère à tous en cette période de transition post-pandémie.

les vendredis 1er et 8 juillet 2022
Si vous êtes intéressé.e.s pour venir individuellement ou en groupe, contactez Volubilo

Romain Bobichon proposera des ateliers d’écritures et de collages autour de la question «Quelle langue parle t-on à Graulhet ?» dans le but d’éditer des t-shirts.

Comment on parle à partir de ses origines, de son accent, des expressions que l’on utilise ? Est-ce qu’il y a des spécificités propres aux Graulhetois•es ? Est-ce qu’il y a des transmissions entre les générations ?
Il s’agira de penser l’origine et la construction des expressions utilisées, de réfléchir à la place de la parole et des signes écrits (publicités, enseignes) dans l’espace public. Qui prend la parole ? Qui diffuse des messages ?
De se concentrer sur notre rapports à l’intimité (vêtement) et sur les choix formels (couleur, police d’écriture), à partir des champs de références personnelles des participant•es.

Les ateliers se feront en trois temps :
– Présentation de sa recherche en cours.
– Recherche collective et individuelle sur des expressions puis choix d’une forme sur laquelle décliner le résultat de la recherche.
– Fabrication des œuvres (que les participant•es  pourront emporter).

Restitution / Exposition

CréaLab 2.0

CréaLab 2.0 : deux artistes en résidence au FabLab'

Pour la 2e année consécutive, le FabLab de Graulhet (installé à la MJC) accueille 2 artistes en résidence de recherche, sélectionnées par un comité d’experts à partir d’un appel à projet.

Lise Bardou et DDigt, tous deux tarnais, ont été sélectionnés pour leur adéquation avec le territoire et le rapport qu’ils souhaitent développer avec les machines et le public du FabLab.

Lise Bardou

DDigt

Photo LiseBardou-« Não sou nenhum espião » « Je ne suis pas un espion », Lisbonne 2018
Photo DDigt-Responsabilité Limitée, Maison Salvan 2018

Lise Bardou est née en 1992 dans le Tarn en France.

Elle est diplômée du DNSEP à l’EBABX (École d‘enseignement supérieure d’art de Bordeaux) en 2016 et vit et travaille aujourd’hui entre Viterbe (Tarn) et Lisbonne.
En parallèle à sa pratique artistique, elle a organisé à deux reprises le cycle d’installations multimédia Ecos à Zaratan Arte-Contemporanêa et elle est à l’initiative du projet Hors-lits Lisboa, actes artistiques en appartements qui a lieu deux fois par an à Lisbonne.
Son œuvre Triângulo Vermelho a été présentée dans le cadre du festival Rencontre Traverse Vidéoancien réservoir de Guilheméry, Toulouse, mars 2020 –, ainsi qu’à l’exposition Frontière(s)Maison des Métiers du Cuir, Graulhet, octobre 2020.
Elle travaille actuellement en collaboration avec la compagnie Tras, invitée à réaliser la scénographie de la pièce Fondre de Guillaume Poix, mise en scène par Mathilde Bardou, et sur le projet Balise mêlant théâtre et art contemporain.

2 projets sont proposés, 1 sera privilégié.

BALISES

Le projet Balises pose un regard sur le paysage des berges transformé de manière cyclique par les crues et sécheresses annuelles.
Je m’intéresse à la manière dont l’eau des rivières parfois trouble, parfois claire, verte, grise, bleue, marron ou rouge orangée reçoit la lumière et crée ainsi des nouvelles formes à partir d’éléments qu’elle emporte avec elle et dépose des kilomètres plus loin sur ses berges ou dans son fond. Des formes dessinées par des troncs flottants, branches suspendues, arbres penchés ou rochers polis modifiant continuellement le paysage en y créant de nouveaux signes, de nouvelles formes et laissant place à un imaginaire de lignes : créatures, squelettes abstraits qui peupleraient le fond de nos rivières.

Ce projet a été initié lors d’un séjour d’une semaine à la résidence Antonin-Artaud (Gaillac, février 2021), en collaboration avec la compagnie Tras, au cours de laquelle nous avons décidé de travailler sur les chemins qui longent les berges et d’en baliser la ligne d’étapes et de motifs aussi bien sous forme de récits que d’installations artistiques.

La résidence CreaLab 2.0 s’inscrit donc dans une continuité : j’aimerais compléter cette collection de signes, de formes, de lignes, de motifs le long des berges du Dadou afin d’en créer un assemblage qui pourrait par la suite composer ce nouveau paysage /v cartographie / squelette / créature, sous forme d’un ou de plusieurs pochoir(s) et dans le but de créer une projection de lumière à grande échelle.

 

ALTA

Alta est un projet en cours de création à la résidence RIGA à Saint-Pierre-de-Trivisy dans le Tarn. J’y explore la carte des vents, plus précisément la provenance du vent d’Autan, sa place dans le récit populaire occitan et son influence sur l’agriculture et l’élevage de bêtes.
Les images qui surgissent de ces recherches évoquent l’estampe japonaise.
J’envisage donc de réaliser des gravures sur bois, manuelles dans un premier temps qui, dès que l’occasion se présentera, pourrait utiliser la gravure laser.

La résidence au FabLab me permettra de poursuivre ma recherche et d’essayer différent(e)s techniques et supports allant de la gravure laser sur bois ou plexiglass à la brodeuse numérique.

Ingénieur de formation, DDigt s’est d’abord tourné vers la musique avant d’exposer ses premières peintures en 1994.

Explorateur sonore, scénographe et formateur, sa dernière exposition, Responsabilité Limitée, est une entreprise d’exposition de peinture qui envisage le lieu où elle intervient comme un médium à part entière. Ainsi, à la Maison Salvan (Labège, 2018), un système offrait des combinaisons distinctes dans les cinq salles : il comprenait une couleur précise, des choix de blancs mats et brillants, un lettrage, un récit très assuré qui resituait la Maison Salvan comme une ferme devenue le réceptacle de l’Histoire du territoire.
Ce système d’ambiguïtés, c’était par exemple cette couleur, peinte, qui renvoyait à la question du ready-made dans l’art mais aussi à « l’endroit » le plus éphémère, jetable et trivial du quotidien en raison de sa couleur jaune « Post-it ».
La proposition de l’artiste consistait à pousser le lieu d’art dans ses retranchements, à la limite de ce qui serait ou ne serait pas.

 

Le concept d’expérimentation touche au cœur des questions fondamentales de l’artiste.
En effet, si anthropologiquement l’expérimentation répond à la possibilité d’apprendre par la découverte – pensons par exemple à la célébrissime séquence d’ouverture de 2001 l’Odyssée de l’Espace où le singe découvre par le plus grand des hasards l’efficacité de l’os comme arme/massue –, il reste néanmoins la question du but : apprendre en découvrant, certes, mais parce que l’on cherche à remplir une fonction, technique le plus souvent.

Or, quelle fonction l’artiste cherche-t-il à remplir ? Voilà la question de base renvoyée par le concept.

Dans la pratique, cette triangulation entre l’expérimentation, l’apprentissage et le but se construit pour l’artiste, elle-même empiriquement, avec des avancées et des reculs, des intuitions et des connaissances, de la curiosité et du ressassement.

Pour ma part, elle se joue principalement à quatre niveaux :

  • sur ma formation d’ingénieur qui privilégie le concept de “modèle” – qui passe d’abord par une mentalisation du réel qui la plupart du temps éloigne de la représentation au profit d’une symbolisation (schéma, équations, courbes etc.);
  • sur ma fréquentation de l’histoire de l’art qui m’apporte le cadre privilégié de références dans lequel faire évoluer mes recherches;
  • ensuite sur la pratique d’un art sériel qui déroule des travaux sur de très longues périodes (pouvant aller jusqu’à plusieurs décennies) et me permet une flexibilité entre les approches;
  • enfin sur le fil qui relie art et ontologie, et m’amène essentiellement à mettre en scène ma propre compréhension du monde qui m’entoure et son histoire.

Dans mes recherches artistiques, l’expérimentation s’effectue  à trois niveaux récurrents, outre quelques autres plus ponctuels :
– la peinture
– les machines
– les centres d’art sur lesquels je mène un travail d’enquêtes plastiques.

RECHERCHE SUR LES MACHINES

Lors d’une première phase (de 1995 à 2005), j’ai développé un ensemble de machines visuelles dont le principe fut d’abord d’offrir une réalité différente suivant le point de vue du spectateur, puis suivant des phénomènes physiques auto-évolutifs dans le temps.

Ensuite sont apparues les machines sonores sur lesquelles je travaille encore aujourd’hui et destinées à produire une musique qui se déploierait d’elle-même indéfiniment. C’est dans ce corpus d’œuvres que je puiserai celle que je partagerai avec le public, dans une présentation qui alliera une version nécessairement nouvelle (car ces machines ne sont pas reproductibles) et un historique de ce travail sur 20 ans (avec quelques-unes de ses activations – au Frigo, Albi, 2015, au Lieu-Commun, Toulouse, 2018, au GMEA, Albi, 2018, dans mon atelier en 2019).

 

Lors de cette résidence, l’objectif est de faire participer le public à un détournement des machines :
– soit de leur fonctionnement, avec des machines qui s’étouffent, s’enrayent, tombent en panne (tout cela sous le contrôle de l’ingénieur que je suis !),
– soit de leur production, avec une fabrication de « chutes », objets ratés, obsolètes en série.

Le tout à travers des protocoles de production conçus par nous-mêmes et menant à des erreurs, ou à travers un détournement de protocoles existants.

 

Je consacrerai un premier temps de ma résidence à étudier le fonctionnement mécanique et numérique des machines disponibles (imprimante 3D, fraiseuse, brodeuse, découpe laser) en mobilisant tous les outils théoriques dont je dispose en tant qu’ingénieur.
Grâce à cette étude, je serai alors en mesure dans un second temps de concevoir en toute sécurité des protocoles de détournement des machines.

MEDIATION

(au cours des 15 jours de résidence, date à préciser)

La journée sera organisée autour des notions de paysage et de cartographie, et nous aborderons les questions suivantes :

Comment nous approprions-nous le paysage ? 
Comment entretenir/retrouver un rapport plus intime avec le paysage ?

Matinée : création d’une carte verbale, mentale et sensible autour du lac de Nabeillou : 
– récolter des signes, inventer des noms et des repères, des lieux de rendez-vous secret par exemple, dessiner sa propre carte à la main, exploration de l’esquisse et du croquis.
– mise en commun, création d’une carte commune.

Après-midi : réalisation de cette même carte (esquisse) en gravure, broderie ou autre médium mis à disposition par le FabLab.

(au cours des 15 jours de résidence, date à préciser)

Elle prendra la forme d’un workshop puisque c’est avec le public de Fabmakers que je compte choisir vers quels types de détournement nous orienterons le travail de production des machines.
Par exemple : lancer une recherche collective de protocoles standards existant dans l’emploi de chacune de ces machines. Je sélectionnerai les plus pertinentes et les plus accessibles pour esquisser les protocoles correspondants à renforcer avec les participants.

La restitution consistera alors tout naturellement à activer en direct les protocoles de production de chutes que nous aurons élaborés ensemble. 

Restitution / Exposition

Si…

Exposition pour l’espace public, de 5 diptyques  extraits du projet “Mon corps … ce territoire” réalisé par Les Ateliers du Monde, en aout 2020 à Graulhet. 

9 jeunes accompagné.e.s par Mathilde Bardou, Loïc Calmejane et photographié.e.s par Absynthe Takis ont produit  images et textes sur le thème “Mon corps ce territoire”

“Si…” a été composée et imprimée sur bâche par Volubilo. Inaugurée le 16 octobre dernier dans le cadre du parcours artistique autour de l’exposition Frontière(s), elle restera dans les rues jusqu’en décembre 2020.

En ces temps de crise sanitaire, où nous réalisons la fragilité de notre système de santé, autant que de nos libertés “Si…” appelle le spectateur a inventer, la ou les conditions dans lesquelles les “être” ou “ne pas être” exprimés par la jeunesse pourront se réaliser…

Retour en haut